Dépolarisation du genre : angoisse ou libération ?

Enquête sur notre nouvelle humanité

Patriarcat, archétypes, masculinisme… Après des siècles de polarisation,

comment vivre son féminin et son masculin ?

Comment retrouver sa place et son âme

après 3000 ans de patriarcat ?

3000 ans de patriarcat : comment le genre a été enfermé

Depuis plus de trois millénaires, les sociétés occidentales – de la Grèce archaïque à l’ère industrielle – ont fonctionné sur un principe de polarisation rigide : une répartition binaire, hiérarchisée et essentialiste des rôles, des valeurs et des territoires psychiques attribués à « l’homme » et à « la femme ».

Ce schème patriarcal n’a pas seulement organisé la production et la reproduction, il a profondément modelé l’inconscient collectif, enfermant le masculin dans le champ de la rationalité, de l’action publique, de la force, du contrôle ; et le féminin dans l’émotion, l’intériorité, le soin, la nature, la passivité.

Aujourd’hui, alors que nos sociétés se « dépolarisent » sous l’effet des mouvements féministes, LGBTQIA+, des avancées des neurosciences et de la psychologie du genre, un grand trouble apparaît. Beaucoup cherchent leur place dans un espace devenu mouvant, sans repères fixes. Ce vide est source d’angoisse, mais aussi d’une créativité inédite.

Que signifie être féminin.e, être masculin.e aujourd’hui ?

Les études récentes en neuro-endocrinologie (comme celles de Daphna Joel, 2015) montrent que les cerveaux humains sont des « mosaïques » : il n’existe pas de « cerveau masculin » ou « féminin » typique.

De même, en anthropologie, des sociétés comme les Bugis d’Indonésie – qui reconnaissent cinq genres distincts depuis au moins six siècles – ou les cultures autochtones d’Amérique du Nord avec leurs traditions Two-Spirit – où les personnes androgynes étaient vénérées pour leurs dons spirituels – nous rappellent que le lien entre corps sexuel et identité de genre est une construction culturelle, non une fatalité.

Ce ne sont pas des « exceptions » : ce sont des preuves vivantes que l’humanité a toujours inventé des manières plurielles d’habiter son genre.

Alors, que reste-t-il du féminin et du masculin ? Je propose une définition énergétique et archétypale, non biologique :

  • Le féminin (non pas « la femme ») est une polarité d’être : réceptivité, circularité, immanence, capacité à porter et à lier, intuition, lâcher-prise, écoute du vivant, etc.

  • Le masculin (non pas « l’homme ») est une autre polarité : action linéaire, transcendance, différenciation, structuration, focalisation, coupure nécessaire pour agir dans le monde, etc.

Ces deux pôles existent en chaque être humain, quelle que soit son anatomie.

Ce que le patriarcat a fait, c’est attribuer le premier aux corps dotés d’un utérus (et le dévaloriser) et le second aux corps dotés d’un pénis (et l’ériger en norme universelle). En dépolarisant, nous découvrons qu’un homme peut exprimer un féminin psychique puissant (empathie, réceptivité) et qu’une femme peut incarner un masculin sain (leadership, discernement).

La libération est là.

Archétypes : faut-il encore une référence ?

Carl Gustav Jung nous a légué une cartographie précieuse : les archétypes (Grande Mère, Sage, Guerrier, Amant.e, etc.) sont des structures universelles de l’inconscient collectif. Ils ne sont pas des rôles sociaux à performer, mais des énergies symboliques qui traversent notre psyché.

Dans une société hyper-polarisée, ces archétypes sont figés et genrés de manière rigide : la Mère est douce et nourricière (jamais guerrière), le Père est autoritaire et distant (jamais vulnérable).

Aujourd’hui, dans notre monde dépolarisé, les archétypes redeviennent fluides. Une femme peut incarner l’archétype du Roi (souveraineté, décision) sans cesser d’être féminine. Un homme peut incarner l’archétype de la Guérisseuse (soin, intuition).

Avons-nous besoin d’une référence ? Oui, car l’être humain fonctionne par symboles. Mais la référence n’a plus besoin d’être binaire, exclusive, hiérarchisée. Elle peut être un axe énergétique Yin-Yang, non pas opposé mais complémentaire, en mouvement perpétuel.

Dans le Taoïsme, chaque pôle contient le germe de l’autre. C’est cette référence dynamique qui permet l’équilibre : savoir quand agir (masculin) et quand accueillir (féminin), sans que cela soit assigné à jamais à notre sexe.

Ce que cela permet : la souplesse psychique. Une personne qui peut naviguer entre ces pôles est plus résiliente, plus créative, moins en guerre contre elle-même (et le monde). Les études en psychologie positive (Fredrickson, 2013) montrent que l’androgynie psychologique (possession de traits dits masculins et féminins) est corrélée à une meilleure santé mentale, à plus d’adaptabilité sociale et à des relations plus authentiques.

Et l’orientation amoureuse dans tout cela ?

Ce questionnement sur le genre ne reste pas sans effets sur notre manière d’aimer et de désirer.

Dans l’ancien monde polarisé, l’hétérosexualité était la seule orientation légitime, car elle seule maintenait la complémentarité supposée « naturelle » entre un masculin actif/dominant et un féminin passif/soumis.

Aujourd’hui, à mesure que le féminin et le masculin se répartissent librement entre les corps, le présupposé hétérosexuel obligatoire s’effrite. Les études récentes (Pew Research Center, 2023 ; enquête Ifop, 2024) montrent une hausse significative des identifications bisexuelles, pansexuelles ou « non étiquetées » chez les 18-30 ans, y compris chez ceux qui se disent cisgenres.

Pourquoi ce lien ? Parce que lorsque vous cessez de croire qu’un pénis « doit » exprimer la force et qu’un vagin « doit » exprimer la réceptivité, vous cessez également de croire que l’amour ne peut exister qu’entre ces deux complémentarités assignées. Vous devenez disponible pour une attirance qui ne se fonde plus sur le rôle social attendu, mais sur la rencontre singulière des âmes et des corps.

Cela ne signifie pas que l’hétérosexualité disparaît – elle reste une orientation majoritaires parmi d’autres, vécue de manière plus choisie et moins prescrite.

Et la dépolarisation du genre ouvre un espace où l’on peut aimer une personne pour ce qu’elle est énergétiquement, et non pour la case que son sexe lui assignait.

Certains craignent que cette fluidité amoureuse ne dissolve tous les repères. Pourtant, les recherches en psychologie sociale (Baumeister, 2017) indiquent que les personnes ayant une orientation sexuelle plus fluide ne souffrent pas de plus de troubles relationnels ; elles inventent simplement d’autres formes de fidélité, d’engagement et de parentalité. L’angoisse vient moins de la réalité que de la nouveauté.

Mais après 3000 ans de polarisation amoureuse, peut-être est-il temps de respirer aussi de ce côté-là.

Et s’il n’y a plus de norme – vivons-nous à partir de notre âme ?

Si l’on supprime toute référence (ni Dieu le Père, ni nature biologique, ni rôle sexué strict), que se passe-t-il ? D’abord, une angoisse légitime : l’être humain a besoin de balises pour se construire. Les jeunes générations, notamment, décrivent un sentiment de « flottement identitaire » (enquête du Pew Research Center, 2022). Certains crient à la « crise de sens ».

Mais c’est aussi une chance inouïe. Sans moule préfabriqué, nous sommes invités à vivre à partir de notre âme et de son énergie unique, plutôt qu’à partir d’une norme définie par le corps sexuel et ses assignations historiques.

Cela signifie : écouter sa vibration intérieure, ses désirs profonds, sa manière singulière d’aimer, de créer, de lutter, de se reposer. Pour certains, cela passe par une expression très « genrée » (et c’est légitime si c’est choisi), pour d’autres par une expression fluide, non binaire, voire changeante au fil des jours.

Les recherches en psychologie transpersonnelle (Grof, 2000) montrent que les expériences de dépassement des identités conventionnelles – via les états modifiés de conscience, la méditation, les rituels chamaniques – permettent d’accéder à un sentiment de soi plus vaste, moins accroché au genre.

Ce n’est pas un hasard si les sociétés traditionnelles non occidentales (Samoa (société polynésienne qui reconnaît le 3ème genre), Amérindiens Two-Spirit) ont longtemps reconnu des places pour des personnes au-delà du binaire.

L’Occident hyper-polarisé est une exception historique, non la règle.

Cela dérange ? Qui et pourquoi (enquête sur la montée du masculinisme)

Bien sûr que cela dérange. Profondément. Car remettre en cause le genre, c’est toucher à l’un des piliers de l’ordre symbolique patriarcal : la naturalisation des hiérarchies. Les résistances viennent de plusieurs groupes :

  • Les institutions religieuses et conservatrices : elles voient dans cette fluidité une attaque contre l’ordre divin ou naturel, car leur pouvoir repose sur des assignations stables (l’homme chef, la femme soumise).

  • Les personnes qui ont souffert pour se conformer à leur genre : certains hommes et femmes qui ont sacrifié des parts d’eux-mêmes pour rentrer dans le moule réagissent par la peur ou la colère. Si le genre n’est plus une obligation, alors leur souffrance passée aurait été « pour rien ». C’est un deuil difficile.

  • Les angoissés du chaos identitaire : toute perte de repère provoque une réaction de survie. Les études de psychologie sociale (Jost, 2004) montrent que les personnes ayant un fort besoin de clôture cognitive (besoin de réponses définitives) rejettent violemment la fluidité de genre.

Mais un phénomène contemporain mérite une attention particulière : la montée du discours masculiniste (incels, « men going their own way », « red pill », certaines branches du développement personnel masculin). Loin d’être un simple retour réactionnaire, ce mouvement est un symptôme complexe de la fin de l’ancienne polarisation.

Sociologiquement, il exprime la détresse d’une partie des hommes élevés dans le moule patriarcal – performance, invulnérabilité, compétition – qui se retrouvent sans repères lorsque ce moule se fissure.

Psychologiquement, il révèle un deuil non fait : celui du privilège implicite d’être la norme universelle. Beaucoup de ces hommes ressentent l’égalité comme une perte, non comme un gain. Le masculinisme radical est une tentative désespérée de « re-polariser » le monde, de recréer une binarité claire (dominant/dominé, rationnel/émotionnel, fort/faible) pour échapper à l’angoisse de la fluidité. Mais cette réponse est thérapeutiquement inefficace : elle soigne la peur par la rigidification, non par l’intégration.

L’enjeu n’est pas de nier la souffrance masculine légitime (isolement affectif, précarité du statut, injonction au silence émotionnel), mais de ne pas la résoudre par un retour à l’ancien schéma.

Ces résistances, bien que compréhensibles, ne doivent pas nous arrêter. Car le prix à payer pour maintenir les vieilles polarisations est trop élevé : dépression chez les femmes assignées à la passivité, violence et solitude affective chez les hommes assignés au contrôle, exclusion des personnes intersexes et trans, et surtout, perte de notre vitalité collective.

Vers une humanité Yin-Yang : conclusion vibratoire

Nous n’allons pas vers un monde sans masculin ni féminin. Nous allons vers un monde où ces deux pôles ne sont plus liés à un sexe, ni hiérarchisés. Nous allons vers une société qui reconnaît l’énergie Yin-Yang en chacun, et qui valorise la capacité à danser entre les deux selon les contextes, les humeurs, les âges de la vie.

Vivre à partir de son âme, c’est accepter que ma façon d’être homme ou femme (ou au-delà) soit aussi unique que mon empreinte digitale. Cela demande du courage, de l’introspection, et des communautés bienveillantes pour se soutenir mutuellement dans cette exploration.

Oui, cela dérange. Mais ce qui dérange aujourd’hui est peut-être l’accouchement d’une humanité plus entière, qui ne mutile plus la moitié de ses potentialités sous prétexte de chromosomes.

Après 3000 ans de polarisation rigide, la dépolarisation n’est pas un chaos : c’est une respiration. Et dans cette respiration, nous pouvons enfin habiter notre corps et notre genre non comme une prison, mais comme un point de départ pour l’âme.

Et si vous ne voulez plus traverser seule ces questionnements ?

Cet article a posé des mots sur un bouleversement collectif : la fin de la polarisation rigide du genre, l’émergence d’une humanité qui cherche sa place entre féminin et masculin, l’angoisse des repères qui vacillent, mais aussi la promesse d’une liberté énergétique inédite.

Ces questions ne sont pas que théoriques. Elles frappent à notre porte chaque jour, dans nos corps, nos relations, notre désir, notre façon d’aimer et de se sentir légitime.

En tant que thérapeute transpersonnelle, je ne travaille pas avec des « concepts de genre » ou des « archétypes généraux ».

Si vous en sentez le besoin, je travaille avec vous, avec votre âme singulière, avec votre histoire unique de polarisation intérieure. La démarche transpersonnelle ne consiste pas à vous coller une nouvelle étiquette (« non-binaire », « fluide », « masculin sacré », « féminin sauvage ») pour remplacer l’ancienne.

Elle consiste à vous accompagner pour que vous habitiez votre propre énergie – quelle que soit sa couleur, son intensité, son oscillation entre Yin et Yang – sans vous blesser, sans vous mutiler, et sans avoir à correspondre à aucun moule.

Ce que je vous propose, si, à la lecture de cet article, vous ressentez :

  • une fatigue d’avoir à « performer » votre genre,

  • une confusion entre ce qu’on attend de vous et ce que vous ressentez vraiment,

  • une difficulté à faire exister à la fois votre force et votre vulnérabilité,

  • ou simplement le besoin de déposer ces questions dans un espace sécurisé, sans jugement,

    Je vous invite à prendre contact avec moi.

    Mon accompagnement s’adresse aux personnes qui veulent vivre à partir de leur âme, non à partir d’un rôle.

    Nous utilisons des outils transpersonnels (Conscience de l’histoire (la petite et la grande histoire) visualisations, travail sur les archétypes, respiration, dialogue avec les parties intérieures) pour que vous puissiez :

    • Identifier les injonctions patriarcales que vous avez intériorisées,

    • Libérer la souffrance liée à l’assignation de genre,

    • Incarner votre propre polarité féminine et masculine sans conflit,

    • Retrouver un sentiment de cohérence et de paix intérieure.

      Pour un entretien préliminaire (sans engagement), vous pouvez me joindre :

      06 75 93 59 32

      Ou visitez mon site pour connaître mes modalités d’accompagnement.

      Vous n’avez pas à traverser seul.e le vertige de la dépolarisation. Parfois, la plus grande liberté naît d’un regard bienveillant qui nous aide à distinguer ce qui nous a été imposé de ce qui nous habite vraiment.

      Marion Rebérat

      Si tu es inspiré.e, laisse-moi un commentaire kiss

      – Si vous utilisez ce texte, merci de nommer vos sources, nom de l’autrice et du site internet –